Des poèmes pour une vie

La Poésie. Entre vers, rimes et sonorités douces, retrouvez ici l’ensemble de mes poèmes écrits de 2006 à aujourd’hui sur des sujets divers et variés.
Certains de ces poèmes ont également été mis sous forme de vidéos.

À toutes ces ombres

Elles passent, repassent, grimacent et trépassent
Ces images, ces ombres, ces silhouettes, ces apparitions
Éphémères elles seront, à jamais elles disparaîtront

À la mémoire, elles tenteront de s’accrocher
Sur la volonté de se souvenir, elles feront pression
Mais le temps est tenace, rapidement, elles s’évaporeront

Et pourtant elles sont si belles, si attirantes
Ces visions, ces interprétations, ces lubies, ces déceptions
Elles auraient pu, elles auraient dû, si le destin avait changé de direction

Elles sont présentes chaque jour, à chaque coin de rue, chaque angle de vue
Elles se répètent, elles nous narguent, elles nous détournent de notre direction
Elles ne nous laissent qu’une chance, une occasion, un regard, une attention

Elles fascinent, elles intriguent, elles effraient, elles animent
Elles flottent, elles volent, elles passionnent, toute une ébullition
Toutes ces lumières, ces couleurs, ces formes, que plus jamais nous ne reverrons

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Ce que nous sommes

On entend bien trop souvent ce qu’on ne comprend pas
On comprend bien trop peu ce que l’on entend plus
On aime bien trop fatalement ce qui doucement nous tue
On souffre bien trop durement de nos erreurs, de nos trépas

Mais c’est la vie, on n’a pas tellement le choix
On se doit de sourire, d’avancer, de continuer
On ne doit jamais oublier, cette emprunte, ce passé
Dans ce constant combat ou le fou est roi

On imagine toujours le pire pour paraître, pour simplement être
On se pavane, on se déguise, on se permet de ne plus permettre
On se permet de dire, on se permet de haïr, on se permet de se détruire
On se donne le droit de maudire, on se donne le droit de souffrir, de mourir

Mais c’est l’homme, c’est fait ainsi, avec offense
On se doit d’exister, de dépasser, d’écraser
On se doit de tout cacher, de voiler la vérité
Dans ce monde à la parfaite violence

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C’est l’histoire d’une lettre

C’est l’histoire d’une lettre retrouvée
Une lettre qui brise le silence
Une lettre qui rappelle l’absence
Une lettre qui semble oubliée

C’est l’histoire d’une lettre de trop
Une lettre qui nous échappe
Une lettre qui nous rattrape
Une lettre qui tranche ses mots

C’est l’histoire d’une lettre aimée
Une lettre qui fait rêver
Une lettre qui fait vivre
Une lettre qui rend ivre

C’est l’histoire d’une lettre de demain
Une lettre qu’on lit d’imagination
Une lettre à toutes les nations
Une lettre pour son prochain

C’est l’histoire d’une lettre d’amour
Une lettre qui vole, qui court
Une lettre qui brille, qui luit
Une lettre pour elle, pour lui

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L’encre a coulé

L’enfant a grandi, la douleur l’a foudroyé
L’encre a coulé, les mots l’ont apaisé

L’enfant a grandi, les barrières se sont dressées
L’encre a coulé, la solitude s’est imposée

L’enfant a grandi, l’enfant a rêvé
L’encre a coulé, les souhaits se sont formés

L’enfant a grandi, l’avenir s’est dessiné
L’encre a coulé, le passé l’a inspiré

L’enfant a grandi, les rêves ont changé
L’encre a coulé, la douleur s’est estompée

L’enfant a grandi, la vie l’a kidnappé
L’encre a coulé, la peur s’est installé

L’enfant a grandi, les regrets se sont installés
L’encre a coulé, mais la plume avait séché

L’enfant a grandi, l’inspiration s’est retirée
L’encre a coulé, l’amour a prospéré

L’enfant a grandi, la vie a continué
L’encre a coulé, les années ont filé

L’enfant a grandi, la plume l’a appelé
L’encre a coulé, mais il s’est éloigné

L’enfant a grandi, la plume a manqué
L’encre a coulé, la vie l’a fortifié

L’enfant a grandi, le bonheur s’est intensifié
L’encre a coulé, la passion s’est réveillée

L’enfant a grandi, l’inspiration restait cachée
L’encre a coulé, mais n’accrochait pas le papier

L’enfant a grandi, il s’est laissé rêver
L’encre a coulé, les mots l’ont transporté

L’enfant a grandi, il a enfin réalisé
L’encre a coulé, mais l’enfant n’a pas changé.

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Ludivine

Mon ange, mon amour, ma merveille
Mon rêve, ma lune, mon soleil
Mon sang, mon air, mes pensées
Mon avenir, mon devenir, mon immortalité

Mon identité, ma raison, mes interrogations
Mon sens, ma joie, ma révolution
Mon tout, mon rien, mon entité
Ma voie, mon chemin, mon éternité

Ma liberté, mon paradis, ma beauté
Mon épopée, ma destinée, ma dulcinée
Mon absence, mon errance, ma dépendance
Ma chance, mon silence, ma délivrance

Mon océan, ma galaxie, mon immensité
Mon unité, mon double, ma moitié
Mon bien, mon mal, mon hésitation
Ma direction, ma révélation, mon abolition

Mon inspiration, ma respiration, ma résurrection
Ma religion, ma désintégration, ma solution
Ma force, ma résistance, ma faiblesse
Mon ignorance, ma condition, mon ivresse

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Le vent souffle ses nuages

Qu’importe la saison
Qu’importe la raison
Qu’importe l’heure
Qu’importe l’humeur

Le vent souffle ses nuages
Il les pousse à tout âge
Qu’importe la direction
Qu’importe les intentions

Le vent rejette ses enfants
Il les sème au fil du temps
Qu’importe leurs envies
Qu’importe leurs soucis

Le vent détruit le monde
Il rit du tonnerre qui gronde
Qu’importe les sacrifices
Qu’importe les supplices

Le vent disperse la peste
Il supprime sans faire de reste
Qu’importe la peur
Qu’importe la douleur

Le vent parfois s’arrête
Sur un monde pas très net
Qu’importe les sciences
Qu’importe l’inconscience

Et au détour d’un hasard
Apparaissent quelques reflets de l’Art
Alors qu’importe la douceur
Qui depuis ces nuages m’effleure

Suivez-moi :
Sous la pluie

Je suis tombé en panne d’envie
Mon cœur était trop pris par ses soucis
Ce n’est vraiment pas agréable cette sensation
Cette perte de motivation, ce manque d’émotion

Le soleil réapparut après cet épais nuage
Cette grosse tâche grise était toujours là
Mais des rayons parvenaient à réchauffer ici bas
C’était totalement inattendu, on aurait dit un film, un montage

Le soleil et les nuages étaient installés, formant une sorte de toit
Ils nous observaient et nous enviaient aussi, je crois
Il n’y avait rien à l’horizon, tout était parfaitement sage
Une douce musique parfumait l’air, rien ne laissait deviner l’arrivée de l’orage

Nous étions tranquillement allongés, je me laissais assoupir
Je ne voyais que son dos mais j’imaginais son sourire
Je me disais qu’il fallait profiter, après tout, c’était une belle journée
Et puis comment aurais-je pu deviner que tout allait basculer ?

Une goutte d’eau me tomba sur le bras en me réveillant
Comment osait-elle me déranger, et que faisait-elle là ?
Je ne comprenais pas, alors je me mis à écouter discrètement
Je n’entendais ni l’orage, ni la pluie, rien de tout cela

Puis, une deuxième goutte me percuta
Ne pouvant pas rester sans réponse, j’ouvris les yeux
Je ne vis que ses cheveux, volant dans l’air sous un fond de ciel bleu
Je ne comprenais pas, pourtant les gouttes étaient bien là

La troisième goutte se fit sentir sur le bout de mes doigts
Personne ne bougeait, j’imaginais que je devenais fou
Même elle ne réagissait pas, tout devenait flou
Le tableau était figé, les gouttes tombaient toujours sur moi

Je ne l’avais pas vu tout de suite, imaginant que c’était à cause du vent
Mais dans cet instant parfait d’apparence, une fausse note résonnait
Elle se laissait peu à peu, seconde par seconde, gagner par un léger tremblement
Comme elle ne me répondait pas, près d’elle, je m’installai

Le tableau devint d’un gris amère et, rapidement, sombra dans un noir tranchant
Il n’y avait plus de soleil, les nuages avaient repris les armes
Je n’étais malheureusement pas fou mais simplement figé d’étonnement
Le temps prenait possession d’un ange dont les yeux crachaient une pluie de larmes.

Suivez-moi :
Je suis ce que nous oublions

Je suis un gros ours à plumes
Un être différent que la vie consume
Je pose un problème d’éthique
Je suis une abomination philosophique

Je suis la porte qui mène à la liberté
La clé d’un portail condamné
Je suis la fierté de la différence
La plus inconsciente des enfances

Je ne suis ni l’argent ni l’or
Je ne suis qu’un de vos rêves
Le soleil qui tous les matins se lève
L’enfant qui tous les soirs s’endort

Je suis l’instant, le moment
Une drogue, un médicament
Je suis le froid d’une nuit d’hiver
La douceur d’un courant d’air

Je suis la force des mots
L’unicité d’une goutte d’eau
Je suis la faiblesse des actes
L’incommodité du trac

Je suis la différence
La fausse note qui dérange
Je suis l’inconscience
L’homme qui a trouvé son ange

Je suis une fleur sur le bord de la route
La solution dans vos doutes
Je suis la prétention d’être unique
L’envie d’un règne du bien utopique

Je suis l’homme le plus populaire
L’ombre la plus seule sur terre
Je suis un rayon de soleil
L’enfant qui chaque jour s’émerveille

Je suis chacun de vous
Un être de plus qui forme un nous
Je suis la passion
Le pourquoi nous aimons

Je suis l’amour
Le plus doux des velours
Je suis la vie
La plus folle des envies

Je suis toutes les définitions
La source de toutes les créations
Je suis l’intensité
La distance dont vous rêviez

Je suis tout
Les hommes, les loups
Je ne suis rien
La route, le chemin

Je suis la vie
La plus convoitée des envies
Je suis la mort
Les regrets, les remords

Je suis le passé
Les souvenirs, les amitiés
Je suis le présent
Les naissances, les enterrements

Je suis le début
Les joies, les abus
Je suis la fin
La boucle puis le refrain

Je suis un gros ours à plumes
Un être différent que le temps résume
Je pose une solution unique
Et dans votre esprit, la fin d’une musique

Suivez-moi :
On est nous en sommes

On cherche tous l’amour de sa vie
On cherche tous à être le plus heureux
On est toujours fier de dire « nous deux »
On finit toujours par dire adieu et tant pis

On continue cependant d’espérer
On garde ça bien caché
On l’enferme dans son esprit
On se dit que si c’était pas hier ce sera aujourd’hui

On continue d’alimenter le brasier en espoir
On fait tout pour ne pas se décevoir
On voit les autres heureux et ça rassure
On imagine qu’il ou elle n’était pas assez mature

On continue d’avancer l’espoir dans le cœur
On ne change pas d’objectif, juste d’humeur
On croque la vie à pleine dent
On en devient beau et intéressant

On finit par l’apercevoir
On la découvre comme un miroir
On concrétise le rêve
Et enfin, dans l’éternel résonne un « je t’aime »

Suivez-moi :
Quelque part dans le noir, l’espoir d’un devoir de mémoire donne aux ennemis l’envie d’une vie infinie

J’écris en noir, j’écris l’espoir
J’écris le devoir, j’écris la mémoire
J’écris la vie, j’écris l’envie
J’écris l’infini, j’écris sans ennemi

Mon espoir n’est pas noir
Mon devoir est la mémoire
Ma vie est faite d’envie
Mon infinie n’est pas ennemie

Je me dois de garder l’espoir
Avant que ma mémoire ne devienne noire
Puisque ma vie est infinie
Et mes envies ne sont pas ennemies

Tout comme l’espoir, je dois garder la mémoire
Je ne dois pas voir en noir
Ni vivre selon mes ennemies
Et tomber dans l’infinie de mes envies

Suivez-moi :